Un jardin au milieu de la ville?
Publié par Frédéric Van Caenegem dans Colombie-Britannique, Politique, tags: Garden City Lands, RichmondUn débat fait rage à Richmond depuis plusieurs année déjà. Un débat concernant le développement d’une relativement petite parcelle de terrain situé dans le cœur de la ville. Garden City Lands est un terrain vacant d’exactement 1 mile carré (55 hectares) situé entre les rues Garden City, Westminster, No 4 et Alderbridge à Richmond en Colombie-Britannique.
Situé sur les terres ancestrales de la nation Musqueam, le terrain est la propriété du gouvernement fédéral depuis 1903. Pendant la seconde guerre mondiale, le gouvernement y installa de l’artillerie anti-aérienne pour prévenir une attaque japonaise qui, heureusement, n’arriva jamais. Après la guerre, une antenne de communication utilisée par les gardes côtières canadienne y fut érigée. L’antenne restera active jusqu’en 1994 et fut finalement détruite. N’ayant plus besoin des terres, en 2006 le gouvernement fédéral transféra la responsabilité du terrain à la Société immobilière du Canada limitée, une société de la couronne dont l’objectif est: « de veiller à la cession des biens immobiliers (…) afin de procurer la plus grande valeur possible aux contribuables canadiens ».
Pendant que le gouvernement fédéral discute de ce qu’il doit faire avec les terres, la Bande indienne de Musqueam tente, depuis plusieurs années déjà, de faire reconnaître leurs droits ancestraux au terrain. Avant même que la question soit tranchée par un tribunal, la Bande indienne de Musqueam arriva, en 2007, à un accord avec la Société immobilière du Canada et la ville de Richmond concernant le développement du terrain. Selon les termes de l’accord, la moitié du terrain sera acheté par la ville de Richmond au prix de 4,77 millions de dollars afin que la ville y développe des parcs, espaces verts et un projet d’agriculture urbaine. L’autre moitié, sera développée conjointement par la Bande indienne de Musqueam et la Société immobilière du Canada limitée afin d’y construire des tours à logement, maisons de villes, commerce, etc. dans le cadre des normes municipales de Richmond.
Mais avant de procéder avec ce projet, l’entente tri-partite ne peut aller de l’avant si le terrain en question reste protégé comme zone agricole. En effet, le Garden City Lands fait partie de l’Agricultural Land Reserve (ALR).
Une des promesses du gouvernement néo-démocrate de David Barrett des années 1970, fut de limiter l’étalement urbain. À cet effet, certaines terres furent désignées à usage agricole uniquement. Le terrain correspondant aujourd’hui au Garden City Lands fut inclus à l’Agricultural Land Reserve (ALR) en 1973. Avec cette incorporation, le terrain n’est pas obligé d’être cultivé (environ la moitié des terres désignées ainsi ne sont effectivement pas cultivées en C.-B.), mais aucun développement résidentiel, commercial ou industriel ne peut se faire sur la terre en question.
Après consultation avec ses citoyens, la ville, sous l’initiative du maire Malcolm Brodie, a donc soumis une demande d’exclusion des Garden City Lands à l’Agricultural Land Commission en mars 2008. La commission n’est pas obligée de prendre une décision avant une date quelconque et, jusqu’à présent, aucun décision ne fut prise.
Un nombre important de citoyens de Richmond sont contre l’exclusion des Garden City Lands de l’ALR. Regroupés sous l’organisation à but non-lucratif de Garden City Lands Coalition, ce rassemblement hétéroclite souhaite que la parcelle de terre reste partie intégrante de l’Agricultural Land Reserve. Ils souhaitent au contraire que le sol soit utilisée par la ville afin d’y développer des activités reliées à l’agriculture urbaine. Quelques projets sont proposés par la coalition. Ils prévoient la création de fermes communautaires urbaines, de parcs incluant un réservoir (ou un étang aménagé), un centre visant à expliquer et promouvoir l’agriculture urbaine, et possiblement un restaurant biologique. Quelques projets sont illustrés sur le site web de la Coalition (www.gardencitylands.ca).
L’avenir du Garden City Lands fut un enjeu majeur des dernières élections municipales de novembre 2008. Si le maire et la majorité du conseil de ville supportent le projet de développement, une opposition au projet s’est toutefois fait entendre. Les candidats pour remplacer le maire Brodie était très mal connu de la population et c’est sans grande surprise que le maire fut réélu. Cependant, le conseil municipal est maintenant pour moitié composé d’opposant au projet ( 4 sur 8 ) selon la Garden City Lands Coalition. Avec le maire qui tranche en cas d’égalité, le conseil municipal de Richmond continue à supporter le projet cependant.
L’Agricultural Land Commission n’a toujours pas tranché la question et toutes les parties attendent une décision de celle-ci. Si la commission approuve l’exclusion, alors la ville et les développeurs pourront aller de l’avant avec la proposition actuelle. Par contre, une décision contraire (maintenir le terrain parmi l’ALR) de la part de la commission a des conséquences inconnues. Certes, les projets de développement verts pourraient aller de l’avant sur la totalité du terrain. Cependant, une autre conséquence de l’éventuel maintiens des Garden City Lands à l’intérieur de l’Agricultural Land Reserve serait de relancer les poursuites judiciaires de la part de la Bande Indienne de Musqueam et l’éventuel sort du Garden City Lands deviendrais alors complètement méconnus.
Pour de plus amples informations (en anglais):
Entente tri-partite: www.richmond.ca/services/planning/projects/gardencitylands.htm
Coalition contre l’entente: www.gardencitylands.ca
Frédéric Van Caenegem
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Merci Jim pour cette mise au point.
Frédéric.
En février 2009, l’Agricultural Land Commission a refusé la demande d’exclusion des Garden City Lands de l’Agricultural Land Reserve (ALR). Pour des nouvelles et opinions informés, le Garden City Lands blog, http://gardencitylands.wordpress.com, est toujours une source d’information très récente.