Voici mon dernier texte publié dans l’Express du Pacifique.
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L’élection provinciale de l’an dernier était la quatrième de Gordon Campbell, la seconde de Carole James et la première de Jane Sterk à la tête de leurs partis respectifs. La longévité de certains et le manque de résultats probants des autres se combinent pour laisser place à une élection prochaine, fixée à 2013, avec possiblement trois nouveaux chefs provinciaux.

La spéculation politique est un domaine très périlleux. Les prédictions qui en découlent sont souvent tournées en dérision quelques mois plus tard. En effet, il est absolument nécessaire que la spéculation soit basée sur une analyse réaliste de la situation. Cependant, comme l’explique l’écrivain américain Tom Clancy: «La différence entre réalité et fiction? La fiction, elle, doit être vraisemblable.» Regardons de plus près la situation spécifique des trois chefs provinciaux.

Gordon Campbell: le temps du renouvellement

Après avoir été maire de Vancouver pendant sept ans, Gordon Campbell est devenu chef du parti libéral en 1993. Lors de l’élection de 1996, il est à deux doigts de devenir premier ministre. La chance lui sourit enfin en 2001, année de la débâcle électorale du Nouveau Parti Démocrate (NPD). Gordon Campbell et les libéraux remportent 77 des 79 sièges de l’assemblée provinciale.

Commence alors un règne qui continue encore aujourd’hui. Socialement libéral et fiscalement conservateur, la force de Gordon Campbell est d’unir les forces de la droite sans froisser les éléments centristes de son électorat. Il arrive même à se donner une crédibilité auprès de certains écologistes avec la mise en application de la seule taxe carbone en Amérique du Nord. Réélu en 2005, sa cote de popularité est cependant en chute libre depuis la dernière élection de mai 2009. Un sondage réalisé en novembre dernier par la firme Angus Reid démontre que les libéraux sont à 14% d’intentions de vote derrière le NPD.

La très impopulaire taxe harmonisée (HST), annoncée à peine un mois après sa réélection, explique en grande partie cette désaffection. À l’impopularité de la HST s’ajoute la mauvaise gestion du très onéreux dossier olympique et le scandale de la vente de BC Rail. Ces affaires, conjuguées au fait qu’il est chef de son parti depuis 1993, encouragent la spéculation sur sa succession. Les noms les plus cités à cet égard sont Colin Hansen, actuel ministre des Finances, Carole Taylor, ancienne ministre des Finances ou Diane Watts, maire de Surrey.

Carole James: échecs répétés

C’est dans le contexte suivant l’échec électoral de 2001 que Carole James est devenue chef du NPD. Elle mène son parti vers une remarquable remontée en 2005, où le NPD est passé de 2 à 33 députés. L’élection de 2009 a finalement confirmé des résultats ex æquo avec ceux de 2005. Le parti de Carole James stagne à 42% des voix. Ce second échec consécutif éveille discrètement des doutes concernant la direction…

Une critique récurrente est le style oratoire de Carole James. Pourtant réputée décontractée et amicale en privé, son image publique donne l’impression d’un personnage stoïque, presque froid et calculateur. Un autre élément à son désavantage est la montée d’une nouvelle génération de néo-démocrates qui semblent parfois aussi, sinon plus, compétents qu’elle. On peut nommer Gregor Robertson, maire de Vancouver, ou encore Adrian Dix, porte-parole de l’opposition en matière de santé.

Pour l’instant, Carole James réitère qu’elle sera chef en 2013 et personne ne remet publiquement en cause ses qualités de dirigeante. Cependant, la convention générale du NPD se tiendra en 2011. Nul doute que les discussions et négociations ont déjà commencé en coulisses.

Jane Sterk: le courant ne passe pas

Devenue chef du parti vert en 2007, Jane Sterk avait pour ambition d’agrandir sa base et de décrocher le premier siège de son parti. Ses ambitions sont tombées à l’eau lors de l’élection de mai 2009: elle n’a récolté aucun siège, et qui plus est les verts ont recueilli moins de voix qu’à l’élection précédente. Cumulant 12% des voix en 2001, ils sont tombés à 9% en 2005, et à 8% en 2009…

Quoi qu’il en soit, il semble simplement que le courant ne passe pas entre le public et la sympathique Jane Sterk. Elle connaît ses dossiers et sait s’exprimer en public, mais cela n’est pas toujours suffisant. Tout comme Carole James, Jane Sterk réitère qu’elle restera chef du parti vert en 2013. Mais là aussi, sa direction est contestée. Parmi les prétendants au poste, Damian Kettlewell, maintes fois candidat, ou encore Andrea Reimer, conseillère municipale de Vancouver, sont des noms qui circulent.

Trois ans sont une éternité en politique. Plusieurs événements peuvent se produire d’ici là. Il est possible que certains députés libéraux soient destitués, ce qui pourrait faire perdre la majorité à Campbell et déclencher des élections anticipées. Une combinaison d’expérience, de probabilité et d’intuition me laisse à penser que deux des trois chefs actuels ne seront plus à leur poste d’ici 2013…

Frédéric Van Caenegem

2 réponses à “Le temps est-il venu pour de nouveaux chefs?”
  1. Frédéric Van Caenegem dit :

    Et voilà! Le deuxième est Carole James!

    Le tout s’est produit un peu plus rapidement que je m’y attendais, mais le Parti Libéral et le NPD auront de nouveaux chefs comme je m’y attendais. Je crois maintenant que Jane Sterk sera chef du Parti Vert pour la prochaine élection.

    Frédéric.

  2. Frédéric Van Caenegem dit :

    Campbell a démisionné. Et de un!
    Qui sera le prochain James ou Sterk?

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