Archives pour la catégorie “Colombie-Britannique”

Ma dernière chronique, publiée dans L’Express du Pacifique:

Les petits chefs prennent des décisions en consultant les sondages, les leaders charismatiques en suivant leur conscience. Si les premiers peuvent gagner en popularité, les seconds conservent toujours leur crédibilité. Les prises de positions successives de Carole James et du Nouveau Parti Démocrate illustrent parfaitement cette dualité.

Ces dernières années, les néo-démocrates provinciaux, sous la gouverne de Carole James, ont maintes fois adopté des positions populistes et profondément irresponsables. Par exemple, le Nouveau Parti Démocrate (NPD) se dit en faveur du développement durable mais soutient l’expansion du système autoroutier de la province. Le parti a aussi farouchement fait campagne contre la taxe carbone de la Colombie-Britannique, la seule en Amérique du Nord. Alors que cette dernière est si faible qu’elle n’a aucun impact réel, qu’il soit économique ou environnemental, dans la province.

Depuis plusieurs mois, le NPD a trouvé une autre cause populiste. Il s’agit encore d’un impôt, cette fois-ci la «terrible» taxe de vente harmonisée (TVH, HST en anglais). Comme la taxe carbone, la TVH n’aura que des effets limités sur les ménages de la province. La critiquer revient au final à une action populiste qui n’a pas beaucoup de contenu. Un acte simpliste très facile. Après tout, personne n’aime payer ses impôts mais tout le monde le fait car cela est nécessaire à la bonne santé de la démocratie et de la vie en société.

La question n’est pas de savoir si la population aime ou non payer ses impôts, mais plutôt si les deniers publics sont perçus et dépensés à bon escient. Des politiciens responsables peuvent certes avoir des positions différentes et s’opposer à celles de leurs adversaires. Les dérives populistes se produisent lorsqu’ils disent n’importe quoi pour se faire élire. Ceci est, hélas, un art qui fonctionne trop souvent.

Aller à contre-courant

Tony Blair a pris une position profondément impopulaire en 2003. Les Britanniques étaient à 90 % opposés à sa position d’envoyer des troupes en Iraq. Trois millions de personnes ont manifesté dans les rues de Londres contre cette décision. Et cependant, il a remporté l’élection suivante! Malgré l’opposition des Britanniques, il a su prendre une position responsable (du moins à ses yeux), et une partie non négligeable de la population a su le reconnaître. L’art de prendre des décisions impopulaires mais de gagner en crédibilité s’appelle le charisme.

Les récents sondages démontrent que les néo-démocrates de Carole James sont en position de force. Ceci s’explique, en bonne partie, grâce à leur opposition à la TVH. Cependant, un sondage Angus-Reid, publié le 18 avril dernier, montre que s’il existait un autre parti de centre-gauche, ce dernier remporterait l’élection. Le NPD est loin devant les Libéraux, mais aussi loin derrière un parti imaginaire! Les prises de positions éphémères ne dupent pas la population. Carole James n’a aucune crédibilité auprès des Britanno-Colombiens. Le débat sur la taxe de vente harmonisée l’illustre parfaitement.

Après tout, le taux de taxation est beaucoup plus important que la forme d’imposition. Si la TVH n’est pas adoptée, rien n’empêche le gouvernement d’augmenter le niveau de taxation par simple décret. Ce débat autour d’une forme de taxe (la TVH) confirme le manque de sérieux de ceux qui dirigent cette campagne sans solutions. Ils sont contre la TVH, mais que proposent-ils?

Au final, le principal problème vient du fait que le gouvernement libéral et son ministre des Finances, Colin Hansen, ont très mal géré la communication de cette taxe. Elle fut si mauvaise qu’il me paraît maintenant évident qu’elle fut volontairement exécrable. Le but de la TVH pour le Parti libéral n’est pas d’ordre financier mais d’ordre politique. Il s’agit de canaliser les frustrations, inévitables après trois mandats consécutifs, afin de se replacer en position favorable pour la prochaine élection. Les échecs du Parti libéral, qui aura sans doute un nouveau chef, ne seront plus le centre d’attention du gouvernement lors des élections en 2013. La stratégie est simple. Ce qui est surprenant par contre, c’est la facilité avec laquelle le NPD est tombé dans le piège.

Frédéric Van Caenegem

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Voici mon dernier texte publié dans l’Express du Pacifique.
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L’élection provinciale de l’an dernier était la quatrième de Gordon Campbell, la seconde de Carole James et la première de Jane Sterk à la tête de leurs partis respectifs. La longévité de certains et le manque de résultats probants des autres se combinent pour laisser place à une élection prochaine, fixée à 2013, avec possiblement trois nouveaux chefs provinciaux.

La spéculation politique est un domaine très périlleux. Les prédictions qui en découlent sont souvent tournées en dérision quelques mois plus tard. En effet, il est absolument nécessaire que la spéculation soit basée sur une analyse réaliste de la situation. Cependant, comme l’explique l’écrivain américain Tom Clancy: «La différence entre réalité et fiction? La fiction, elle, doit être vraisemblable.» Regardons de plus près la situation spécifique des trois chefs provinciaux.

Gordon Campbell: le temps du renouvellement

Après avoir été maire de Vancouver pendant sept ans, Gordon Campbell est devenu chef du parti libéral en 1993. Lors de l’élection de 1996, il est à deux doigts de devenir premier ministre. La chance lui sourit enfin en 2001, année de la débâcle électorale du Nouveau Parti Démocrate (NPD). Gordon Campbell et les libéraux remportent 77 des 79 sièges de l’assemblée provinciale.

Commence alors un règne qui continue encore aujourd’hui. Socialement libéral et fiscalement conservateur, la force de Gordon Campbell est d’unir les forces de la droite sans froisser les éléments centristes de son électorat. Il arrive même à se donner une crédibilité auprès de certains écologistes avec la mise en application de la seule taxe carbone en Amérique du Nord. Réélu en 2005, sa cote de popularité est cependant en chute libre depuis la dernière élection de mai 2009. Un sondage réalisé en novembre dernier par la firme Angus Reid démontre que les libéraux sont à 14% d’intentions de vote derrière le NPD.

La très impopulaire taxe harmonisée (HST), annoncée à peine un mois après sa réélection, explique en grande partie cette désaffection. À l’impopularité de la HST s’ajoute la mauvaise gestion du très onéreux dossier olympique et le scandale de la vente de BC Rail. Ces affaires, conjuguées au fait qu’il est chef de son parti depuis 1993, encouragent la spéculation sur sa succession. Les noms les plus cités à cet égard sont Colin Hansen, actuel ministre des Finances, Carole Taylor, ancienne ministre des Finances ou Diane Watts, maire de Surrey.

Carole James: échecs répétés

C’est dans le contexte suivant l’échec électoral de 2001 que Carole James est devenue chef du NPD. Elle mène son parti vers une remarquable remontée en 2005, où le NPD est passé de 2 à 33 députés. L’élection de 2009 a finalement confirmé des résultats ex æquo avec ceux de 2005. Le parti de Carole James stagne à 42% des voix. Ce second échec consécutif éveille discrètement des doutes concernant la direction…

Une critique récurrente est le style oratoire de Carole James. Pourtant réputée décontractée et amicale en privé, son image publique donne l’impression d’un personnage stoïque, presque froid et calculateur. Un autre élément à son désavantage est la montée d’une nouvelle génération de néo-démocrates qui semblent parfois aussi, sinon plus, compétents qu’elle. On peut nommer Gregor Robertson, maire de Vancouver, ou encore Adrian Dix, porte-parole de l’opposition en matière de santé.

Pour l’instant, Carole James réitère qu’elle sera chef en 2013 et personne ne remet publiquement en cause ses qualités de dirigeante. Cependant, la convention générale du NPD se tiendra en 2011. Nul doute que les discussions et négociations ont déjà commencé en coulisses.

Jane Sterk: le courant ne passe pas

Devenue chef du parti vert en 2007, Jane Sterk avait pour ambition d’agrandir sa base et de décrocher le premier siège de son parti. Ses ambitions sont tombées à l’eau lors de l’élection de mai 2009: elle n’a récolté aucun siège, et qui plus est les verts ont recueilli moins de voix qu’à l’élection précédente. Cumulant 12% des voix en 2001, ils sont tombés à 9% en 2005, et à 8% en 2009…

Quoi qu’il en soit, il semble simplement que le courant ne passe pas entre le public et la sympathique Jane Sterk. Elle connaît ses dossiers et sait s’exprimer en public, mais cela n’est pas toujours suffisant. Tout comme Carole James, Jane Sterk réitère qu’elle restera chef du parti vert en 2013. Mais là aussi, sa direction est contestée. Parmi les prétendants au poste, Damian Kettlewell, maintes fois candidat, ou encore Andrea Reimer, conseillère municipale de Vancouver, sont des noms qui circulent.

Trois ans sont une éternité en politique. Plusieurs événements peuvent se produire d’ici là. Il est possible que certains députés libéraux soient destitués, ce qui pourrait faire perdre la majorité à Campbell et déclencher des élections anticipées. Une combinaison d’expérience, de probabilité et d’intuition me laisse à penser que deux des trois chefs actuels ne seront plus à leur poste d’ici 2013…

Frédéric Van Caenegem

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Voici ma dernière chronique publiée dans L’Express du Pacifique.

Vancouver semblait destinée à créer des Jeux olympiques pour tous. Hélas, les rêves des débuts se sont vite évaporés. L’événement de 2010 n’a, au final, que très peu en commun avec le projet présenté à la population lors du référendum de 2003.

Les Jeux olympiques modernes, peu importe où ils se tiennent, créent d’énormes opportunités certes, qui sont malheureusement souvent très mal réparties. À de rares exceptions près, ils servent les biens des nantis et finissent toujours en dettes publiques. Celle des Jeux olympiques de Montréal de 1976  était si élevée qu’elle n’a finalement été remboursée qu’en 2006 !

Lorsque la ville de Vancouver a déposé sa candidature pour les Jeux d’hiver de 2010, le dossier comptait beaucoup d’éléments positifs axés sur le développement durable, la justice sociale et la responsabilité financière. Le projet était donc né de bonnes intentions. Mais graduellement, les choses se sont envenimées. Si bien que maintenant, on peut constater que « les Jeux les plus verts de l’histoire » sont déjà un désastre alors qu’ils n’ont même pas encore commencé ! Par exemple, près de 100 000 arbres ont été détruits lors de l’élargissement de l’autoroute Sea to Sky qui relie Vancouver à Whistler. Alors qu’une ligne de chemin de fer entre les deux villes est déjà exploitée à des fins récréatives par une entreprise locale. D’autre part, environ 250 000 visiteurs sont attendus : selon une étude de la Fondation David Suzuki, ils seront responsables de la production de 76 % des émanations de gaz à effets de serre pendant la période des Jeux. Cependant, ces chiffres ne sont pas pris en compte dans les calculs du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver (COVAN).

Le risque des expulsions

Health Care Before Olympics

Une des images, circulant sur internet et les médias alternatifs, critiquant les Jeux olympiques (crédit: Corey Rollins / AdHack.com).

Le constat est sans doute encore plus désastreux d’un point de vue social. Le programme même du COVAN prévoyait qu’il n’y aurait aucune expulsion de locataires d’habitations à loyer modique. Le 15 juin dernier, le gouvernement provincial a pourtant refusé, au nom de la liberté de commerce, une initiative de la ville visant à freiner les expulsions d’ici mars 2010. Elle aurait limité les abus pendant la période très fructueuse des Jeux olympiques, surtout vis à vis d’occupants pas forcément très bons payeurs. Le rejet de cette initiative se fait au détriment du droit au logement – droit fondamental pourtant reconnu par la charte des Nations Unies.

La pratique, qui a pu être observée par différents médias, notamment dans les hôtels-résidentiels du Downtown Eastside, consiste généralement à expulser les locataires en invoquant des rénovations « nécessaires » – souvent très légères – et de relouer les lieux à un prix nettement plus élevé. Alors même que le COVAN se montre en mesure de trouver un toit à plus de 5 000 athlètes et officiels pour trois semaines, la ville de Vancouver est incapable de résoudre sur son territoire le problème des sans-abri, dont le nombre est estimé à 3 500 !

Dépenses inconsidérées

L’argent, c’est bien connu, constitue le nerf de la guerre. Les JO devaient coûter initialement environ 1,75 milliard de dollars, selon les premières estimations du COVAN en 2003. Or, plus d’un an avant les jeux, une étude du Vancouver Sun parue le 23 janvier 2009 a établi le coût de l’événement à plus de 6 milliards de dollars ! Ces dépenses sont bien sûr aux frais du contribuable et profitent essentiellement à quelques grands groupes industriels spécialisés dans le développement immobilier.

Parmi les dépenses désastreuses, notons celles liées au nouveau Centre des congrès : le projet de 400 millions de dollars a finalement atteint la bagatelle de 900 millions. Mentionnons également celles du Village olympique, dont le coût originel était estimé à 500 millions. L’entreprise en charge des constructions a d’abord dépassé la facture initiale, avant que les fonds ne soient subitement coupés pour cause de crise financière mondiale. Résultat : la ville de Vancouver se retrouve garante d’une dette estimée à 1 milliard. Ajoutons également à cette liste un autre milliard pour la sécurité, quand le budget s’élevait à « seulement » 200 millions.

Qu’il y ait des dépenses imprévues, cela est normal. Mais celles-ci atteignent aujourd’hui 6 milliards de dollars ! C’est énorme, alors que nous avons d’autres besoins. Les dépenses dans le domaine social (santé, éducation, aides à la pauvreté, etc.) sont continuellement coupées par manque de fonds. Héberger les sans-abri de Vancouver par exemple reviendrait à environ 200 millions de dollars, selon un rapport de la Pivot Legal Society, (Cracks in the Foundation, 2006). Il est triste de constater que nous ne trouvons pas les ressources pour aider les plus défavorisés alors même que nous sommes aptes à dépenser des fortunes inconsidérées pour divertir les plus riches.

Frédéric Van Caenegem

Vancouver semblait destinée à créer des Jeux olympiques pour tous. Hélas, les rêves des débuts se sont vite évaporés. L’événement de 2010 n’a, au final, que très peu en commun avec le projet présenté à la population lors du référendum de 2003.

Les Jeux olympiques modernes, peu importe où ils se tiennent, créent d’énormes opportunités certes, qui sont malheureusement souvent très mal réparties. À de rares exceptions près, ils servent les biens des nantis et finissent toujours en dettes publiques. Celle des Jeux olympiques de Montréal de 1976  était si élevée qu’elle n’a finalement été remboursée qu’en 2006 !

Lorsque la ville de Vancouver a déposé sa candidature pour les Jeux d’hiver de 2010, le dossier comptait beaucoup d’éléments positifs axés sur le développement durable, la justice sociale et la responsabilité financière. Le projet était donc né de bonnes intentions. Mais graduellement, les choses se sont envenimées. Si bien que maintenant, on peut constater que « les Jeux les plus verts de l’histoire » sont déjà un désastre alors qu’ils n’ont même pas encore commencé ! Par exemple, près de 100 000 arbres ont été détruits lors de l’élargissement de l’autoroute Sea to Sky qui relie Vancouver à Whistler. Alors qu’une ligne de chemin de fer entre les deux villes est déjà exploitée à des fins récréatives par une entreprise locale. D’autre part, environ 250 000 visiteurs sont attendus : selon une étude de la Fondation David Suzuki, ils seront responsables de la production de 76 % des émanations de gaz à effets de serre pendant la période des Jeux, mais ces chiffres ne sont pas pris en compte dans les calculs du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver (COVAN).

Le risque des expulsions

Le constat est sans doute encore plus désastreux d’un point de vue social. Le programme même du COVAN prévoyait qu’il n’y aurait aucune expulsion de locataires d’habitations à loyer modique. Le 15 juin dernier, le gouvernement provincial a pourtant refusé, au nom de la liberté de commerce, une initiative de la Ville visant à freiner les expulsions d’ici mars 2010. Elle aurait limité les abus pendant la période très fructueuse des Jeux olympiques, surtout vis à vis d’occupants pas forcément très bons payeurs. Le rejet de cette initiative se fait au détriment du droit au logement – droit fondamental pourtant reconnu par la charte des Nations Unies.

La pratique, qui a pu être observée par différents médias, notamment dans un hôtel résidentiel du Downtown Eastside, consiste généralement à expulser les locataires en invoquant des rénovations « nécessaires » – souvent très légères – et de relouer les lieux à un prix nettement plus élevé.

Alors même que le COVAN se montre en mesure de trouver un toit à plus de 5 000 athlètes et officiels pour trois semaines, la ville de Vancouver est incapable de résoudre sur son territoire le problème des sans-abri, dont le nombre est estimé à 3 500 !

Dépenses inconsidérées

L’argent, c’est bien connu, constitue le nerf de la guerre. Les JO devaient coûter initialement environ 1,75 milliard de dollars, selon les premières estimations du COVAN en 2003. Or, plus d’un an avant les jeux, une étude du Vancouver Sun parue le 23 janvier 2009 a établi le coût de l’événement à plus de 6 milliards de dollars ! Ces dépenses sont bien sûr aux frais du contribuable et profitent essentiellement à quelques grands groupes industriels spécialisés dans le développement immobilier.

Parmi les dépenses désastreuses, notons celles liées au nouveau Centre des congrès : le projet de 400 millions de dollars a finalement atteint la bagatelle de 900 millions. Mentionnons également celles du Village olympique, dont le coût originel était estimé à 500 millions. L’entreprise en charge des constructions a d’abord dépassé la facture initiale, avant que les fonds ne soient subitement coupés pour cause de crise financière mondiale. Résultat : la ville de Vancouver se retrouve garante d’une dette estimée à 1 milliard. Ajoutons également à cette liste un autre milliard pour la sécurité, quand le budget s’élevait à « seulement » 200 millions.

Qu’il y ait des dépenses imprévues, cela est normal. Mais celles-ci atteignent aujourd’hui 6 milliards de dollars ! C’est énorme, alors que nous avons d’autres besoins. Les dépenses dans le domaine social (santé, éducation, aides à la pauvreté, etc.) sont continuellement coupées par manque de fonds. Héberger les sans-abri de Vancouver par exemple reviendrait à environ 200 millions de dollars, selon un rapport de la Pivot Legal Society, (Cracks in the Foundation, 2006). Il est triste de constater que nous ne trouvons pas les ressources pour aider les plus défavorisés alors même que nous sommes aptes à dépenser des fortunes inconsidérées pour divertir les plus riches.

Frédéric Van CaenegemVancouver semblait destinée à créer des Jeux olympiques pour tous. Hélas, les rêves des débuts se sont vite évaporés. L’événement de 2010 n’a, au final, que très peu en commun avec le projet présenté à la population lors du référendum de 2003.

Les Jeux olympiques modernes, peu importe où ils se tiennent, créent d’énormes opportunités certes, qui sont malheureusement souvent très mal réparties. À de rares exceptions près, ils servent les biens des nantis et finissent toujours en dettes publiques. Celle des Jeux olympiques de Montréal de 1976  était si élevée qu’elle n’a finalement été remboursée qu’en 2006 !

Lorsque la ville de Vancouver a déposé sa candidature pour les Jeux d’hiver de 2010, le dossier comptait beaucoup d’éléments positifs axés sur le développement durable, la justice sociale et la responsabilité financière. Le projet était donc né de bonnes intentions. Mais graduellement, les choses se sont envenimées. Si bien que maintenant, on peut constater que « les Jeux les plus verts de l’histoire » sont déjà un désastre alors qu’ils n’ont même pas encore commencé ! Par exemple, près de 100 000 arbres ont été détruits lors de l’élargissement de l’autoroute Sea to Sky qui relie Vancouver à Whistler. Alors qu’une ligne de chemin de fer entre les deux villes est déjà exploitée à des fins récréatives par une entreprise locale. D’autre part, environ 250 000 visiteurs sont attendus : selon une étude de la Fondation David Suzuki, ils seront responsables de la production de 76 % des émanations de gaz à effets de serre pendant la période des Jeux, mais ces chiffres ne sont pas pris en compte dans les calculs du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver (COVAN).

Le risque des expulsions

Le constat est sans doute encore plus désastreux d’un point de vue social. Le programme même du COVAN prévoyait qu’il n’y aurait aucune expulsion de locataires d’habitations à loyer modique. Le 15 juin dernier, le gouvernement provincial a pourtant refusé, au nom de la liberté de commerce, une initiative de la Ville visant à freiner les expulsions d’ici mars 2010. Elle aurait limité les abus pendant la période très fructueuse des Jeux olympiques, surtout vis à vis d’occupants pas forcément très bons payeurs. Le rejet de cette initiative se fait au détriment du droit au logement – droit fondamental pourtant reconnu par la charte des Nations Unies.

La pratique, qui a pu être observée par différents médias, notamment dans un hôtel résidentiel du Downtown Eastside, consiste généralement à expulser les locataires en invoquant des rénovations « nécessaires » – souvent très légères – et de relouer les lieux à un prix nettement plus élevé.

Alors même que le COVAN se montre en mesure de trouver un toit à plus de 5 000 athlètes et officiels pour trois semaines, la ville de Vancouver est incapable de résoudre sur son territoire le problème des sans-abri, dont le nombre est estimé à 3 500 !

Dépenses inconsidérées

L’argent, c’est bien connu, constitue le nerf de la guerre. Les JO devaient coûter initialement environ 1,75 milliard de dollars, selon les premières estimations du COVAN en 2003. Or, plus d’un an avant les jeux, une étude du Vancouver Sun parue le 23 janvier 2009 a établi le coût de l’événement à plus de 6 milliards de dollars ! Ces dépenses sont bien sûr aux frais du contribuable et profitent essentiellement à quelques grands groupes industriels spécialisés dans le développement immobilier.

Parmi les dépenses désastreuses, notons celles liées au nouveau Centre des congrès : le projet de 400 millions de dollars a finalement atteint la bagatelle de 900 millions. Mentionnons également celles du Village olympique, dont le coût originel était estimé à 500 millions. L’entreprise en charge des constructions a d’abord dépassé la facture initiale, avant que les fonds ne soient subitement coupés pour cause de crise financière mondiale. Résultat : la ville de Vancouver se retrouve garante d’une dette estimée à 1 milliard. Ajoutons également à cette liste un autre milliard pour la sécurité, quand le budget s’élevait à « seulement » 200 millions.

Qu’il y ait des dépenses imprévues, cela est normal. Mais celles-ci atteignent aujourd’hui 6 milliards de dollars ! C’est énorme, alors que nous avons d’autres besoins. Les dépenses dans le domaine social (santé, éducation, aides à la pauvreté, etc.) sont continuellement coupées par manque de fonds. Héberger les sans-abri de Vancouver par exemple reviendrait à environ 200 millions de dollars, selon un rapport de la Pivot Legal Society, (Cracks in the Foundation, 2006). Il est triste de constater que nous ne trouvons pas les ressources pour aider les plus défavorisés alors même que nous sommes aptes à dépenser des fortunes inconsidérées pour divertir les plus riches.

Frédéric Van Caenegem

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Voici mon dernier article paru dans L’Express du Pacifique.

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L’utilité fondamentale de la taxe carbone

Le 22 avril dernier, les maires de Metro Vancouver ont demandé que la controversée taxe provinciale sur le carbone soit investie dans les transports publics. Voilà une remarquable démonstration que nos élus ont parfois des bonnes idées.  Reste à s’assurer que l’argent recueilli par cette taxe soit utilisé à bon escient.

Depuis juillet 2008, le gouvernement provincial perçoit une taxe sur le carbone, la seule de son genre en Amérique du Nord. S’il n’est jamais plaisant de payer des taxes, celles-ci sont nécessaires pour payer nos infrastructures et pour agir sur l’économie. Les taxes ont aussi pour objectif d’essayer de limiter des effets indésirables ou de favoriser des effets vertueux. Et c’est dans cet esprit que le gouvernement provincial eut l’excellente idée de taxer le carbone qui détruit notre environnement. Par contre, dans ce même élan, il n’eut pas la bonne idée de favoriser des alternatives aux transports individuels. Au lieu de cela, nous avons une taxe sur le carbone, mais pas d’alternatives offertes à la population.

Cette taxe se veut «financièrement neutre». C’est à dire qu’elle est accompagnée de réductions d’impôts, le gouvernement ne gagnant pas un sou sur cette taxe. Ce que vous ne savez sans doute pas, c’est que les réductions en question ne touchent pas vraiment monsieur et madame tout le monde. La majorité d’entre elles (les deux tiers environ) sont en fait des baisses d’impôts des sociétés. Pire encore: d’ici 2012, alors que la taxe sur le carbone va tripler, passant de 2,41 à 7,2 ¢/litre, il est prévu que la totalité des réductions l’accompagnant toucheront les impôts des sociétés.

Le 22 avril dernier, en pleine campagne électorale provinciale, les maires de Metro Vancouver ont pris une excellente initiative. Ils ont demandé aux partis de garder la taxe sur le carbone (ce qui est la chose responsable à faire), mais qu’en contrepartie, l’argent recueilli soit plutôt investi dans les transports publics, afin d’aider justement les personnes les plus susceptibles de subir cette taxe: les automobilistes.

Quoi qu’en disent ou pensent les experts des technologies nouvelles, une automobile sera toujours plus polluante que les transports publics. Car la pollution générée par celle-ci commence bien avant qu’elle ne se retrouve chez le concessionnaire. Sa fabrication et son assemblage sont aussi des activités très néfastes pour l’environnement, et, au final, en conduire une petite n’est que légèrement moins nuisible que d’en conduire une grosse.

Qui plus est, nous nous en sommes rendus complètement dépendants – essayez de vivre sans en banlieue! Non seulement il n’est pas facile de changer nos habitudes, mais surtout nous avons besoin de créer les infrastructures (bus, métro, trains, pistes cyclables, etc.) nous rendant moins dépendants de la voiture. Or, utiliser les revenus générés par la taxe sur le carbone peut réellement donner un coup de pouce considérable à la tâche de réduire notre «dépendance automobile».

Un double rôle fâcheux

L’idée des maires d’investir les revenus de la taxe sur le carbone dans les transports publics est une riche idée. Mais il reste à s’assurer que ces revenus sont bien investis. Or justement, l’un des problèmes ici en Colombie-Britannique est le double rôle des sociétés comme Translink qui s’occupent non seulement de transports publics, mais également de la gestion des routes et autoroutes.

Ce double rôle de Translink vient en quelque sorte brouiller la donne sur la société publique. Effectivement, on ne peut jamais être sûr si une augmentation des deniers chez Translink sera investie en transports publics ou en routes (donc en transports individuels). À Montréal par exemple, les choses sont différentes. La STM (Société de Transport de Montréal) s’occupe uniquement de transports publics (métro et bus). La gestion des routes est laissée aux municipalités. Cette division des tâches clarifie les rôles de chacun.

Translink est justement en période de réflexion et de remise en cause de ses priorités : son plan Transport 2040 imagine l’avenir des transports (et des moyens pour y arriver) de Metro Vancouver. Et la société publique encourage la participation de tous via le site web dédié à ce projet: www.bepartoftheplan.ca.

Le manque à gagner de Translink, prévu à 150 millions de dollars par année jusqu’en 2011, pourrait être financé par les revenus générés par la taxe sur le carbone ainsi que par un allégement de ses responsabilités. Conséquemment, l’on aidera non seulement les usagés des transports publics, mais l’on pourra également donner une alternative aux personnes ayant présentement besoin de leurs véhicules pour leurs besoins en transport. Et ceci bénéficiera non seulement à l’environnement, mais aussi à la société toute entière.

Frédéric Van Caenegem

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referendum ballotJ’ai beaucoup écris en anglais expliquant pourquoi je supporte le BC-STV, mais je n’ai que très peu écrit en français et pour cela, je n’ai que moi à blâmer. Mais vaut mieux tard que jamais…

Le 12 mai, les Britanno-Colombiens ont la chance unique de marquer l’histoire. Être les premiers en Amérique du Nord a passer au mode de scrutin proportionnel! Mais au-delà de l’histoire, il y a une autre et simple raison pour laquelle je voterais pour le BC-STV: C’est un meilleur système électoral que le système actuel.

Le système électoral actuel créé des disproportions énormes entre le vote populaire et l’assemblée élue. En 1996 par exemple, le parti libéral gagne le vote populaire mais le NPD forme un gouvernement majoritaire! En 2001, avec 57% des suffrages, le parti libéral obtient 97% des députés!

Face à ces problèmes, et bien d’autres encore, le gouvernement provincial créa l’Assemblée des Citoyens sur la Réforme Électorale en 2004. Ces citoyens, choisis au hasard à travers toute la Colombie-Britannique, étudièrent les différents modes de scrutins de par le monde. Après plusieurs mois d’études et de consultations, ils recommandèrent que la province passe au BC-STV, ou VUT (Vote Unique Transférable) en français.

Le système STV est un mode de scrutin proportionnel. C’est-à-dire que le nombre de sièges d’un parti correspond à ses appuis populaires. Mais contrairement aux scrutins proportionnels utilisés dans plusieurs pays européens, le scrutin STV garde une représentation locale. À vrai dire, tous les députés sont des élus locaux. Alors, comment déterminent-on les élus locaux dans un système proportionnel?

Très simple et c’est là qu’intervient l’originalité du scrutin STV: les électeurs classent les candidats en ordre de préférence: 1, 2, 3, etc. Vous pouvez voter pour autant de candidats qu’il vous plait, ou pour un seul si cela vous dit. Si votre premier choix n’a pas assez de voix pour être élu, votre vote n’est pas perdu, il est simplement transféré au choix suivant! Plus besoin de voter stratégiquement pour « le moins pire des candidats », votez simplement selon votre conscience!

Certains critiquent que le système STV fractionne la vie politique en plusieurs partis et crée des gouvernements minoritaires. L’expérience des pays qui l’utilisent déjà (Irlande, Malte, Australie, etc.), montre qu’il n’y a qu’un faible morcellement du paysage politique. En général, entre 3 et 5 partis arrivent à obtenir des sièges. De plus, les élus arrivent à faire des coalitions qui s’avèrent souvent remarquablement durables.

D’autres critiquent également que le vote STV détruit le lien local entre le député et la population qu’il représente parce que les circonscriptions sont plus grandes. Très au contraire, avec plus de députés, l’ensemble de la population aura plus de chance d’avoir un député dont les valeurs et intérêts correspondent aux siens.

Voilà brièvement les raisons qui me portent à voter pour le scrutin STV. Un scrutin proportionnel modéré qui permet l’expression de la diversité de la province tout en favorisant l’éclosion de consensus politiques. Une balance entre valeurs divergentes.

Frédéric Van Caenegem

Pas encore convaincu? Faites vos devoirs en visitant les liens suivant:

Dossier Wikipedia sur le Vote Unique Transférable
Groupe facebook: BC-STV en français
Referendum Information Office
Citizens Assembly on Electoral Reform
Yes for BC-STV
No for BC-STV

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Je ferais deux présentation du référendum sur la réforme électorale et l’alternative (BC-STV) proposée à la population!

Lundi, 4 mai 2009 à 13h00
La Boussole
612, Broadway Est Vancouver, BC, V5T 1X6

et …

Mercredi, 6 mai 2009 à 12h30
Educacentre
896, 8ième Avenue Ouest, Vancouver, BC V5Z 1E2
http://www.educacentre.com/index.asp?idSection=11&idPage=397&lang=fr

Frédéric Van Caenegem

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Il y a un article qui a paru dans la dernière édition de LaSource concernant le référendum sur la réforme électorale.  Retranscrit ici avec la permission de LaSource.

Le référendum sur la réforme électorale: les débats

par Maurice Laude

Circonscriptions STV dans le Grand VancouverLe 12 mai prochain, les habitants de la Colombie-Britannique sont appelés à renouveler les membres de l’Assemblée législative à Victoria et se doter ainsi d’un nouveau Gouvernement provincial. Ce même jour, les Britanno-Colombiens sont également appelés à se prononcer sur le référendum portant sur la manière dont nous élisons nos députés provinciaux.

La Question
La question référendaire, telle que traduite par ElectionsBC, est la suivante:
Quel régime électoral la Colombie-Britannique devrait-elle utiliser pour élire les membres de l’Assemblée législative provinciale?
• Le mode de scrutin actuel («Système uninominal majoritaire à un tour»)
•Le mode de scrutin appelé «à vote unique transférable (VUT-C.-B.)» proposé par l’Assemblée des citoyens sur la réforme électorale.

Le mode de scrutin actuel
Le mode de scrutin actuel, le système uninominal majoritaire à un tour, ou First Past The Post en anglais, a l’avantage d’être simple. Le territoire de la province est divisé en circonscriptions, 85 en Colombie-Britannique, ayant toutes approximativement la même population. Les électeurs votent pour un candidat. Le candidat ayant obtenu le plus de voix obtient le siège de la circonscription.
L’avantage de ce système électoral est qu’il est simple et peut être compris par tous. Les vérifications sont également simples en cas de recomptage des votes après une élection serrée. Le système actuel permet aussi de sortir une majorité claire et tend à créer des gouvernements majoritaires.
L’inconvénient principal de ce système c’est qu’il déforme souvent les résultats de l’élection par rapport au vote populaire. En 1996, le NDP a formé un gouvernement majoritaire en ayant moins de voix que le Parti libéral! Ou en 2001, où le Parti libéral transforma 58% des voix en 97% des sièges! Il est également difficile au tiers-parti (tel le Parti Vert) de se faire élire sous ce système.

Le Vote Unique Transférable
Le Vote Unique Transférable (Single Transferable Vote (STV) en anglais) est le mode de scrutin recommandé par l’Assemblée des citoyens sur la réforme électorale. Sous ce système, le nombre de députés reste à 85, mais les circonscriptions seront plus grandes. La province comptera 20 circonscriptions qui auront entre 2 et 7 députés, selon leur population.
Sous le mode de scrutin VUT, les électeurs classent les candidats par ordre de préférence (1, 2, 3, etc.). Pour être élu, un candidat doit atteindre un certain seuil (ou pourcentage) de voix. Le décompte des voix se fait par tours successifs où les candidats sont soit éliminés ou élus. Les voix des électeurs sont transférées entre ces tours dépendant de différentes circonstances. Par exemple, si leur premier choix est éliminé, leur vote est transféré vers leur second choix.
L’avantage principal du mode de scrutin VUT est qu’il permet d’obtenir une Assemblée législative où le pourcentage de sièges obtenus par les partis reflète le pourcentage de voix obtenues par les partis. Autrement dit, le mode de scrutin VUT est proportionnel. Un autre avantage mentionné par les supporteurs de ce système est qu’il élimine le vote stratégique. En classant les candidats selon leur choix, il n’y a plus de besoin de voter stratégiquement.
Le principal inconvénient du système VUT est sa complexité. En vue d’assurer une représentation proportionnelle, le Vote Unique Transférable élit des députés selon des règles mathématiques complexes qui ne sont pas faciles à saisir. Un autre inconvénient mentionné par les adversaires du VUT est qu’il créera des grandes circonscriptions où le lien entre le citoyen et l’électeur sera flou, voire inexistant.

La décision vous revient

Pour changer le mode de scrutin en Colombie-Britannique, il faut répondre aux deux critères
suivant:
• au moins 60 % du total des votes dans toute la province, et
• au moins 50 % des votes dans au moins 60 % des circonscriptions électorales
Lors du premier référendum sur la réforme électorale, en 2005, 58% de la population avait voté en faveur du changement de mode de scrutin. Face à la quasi-réussite du VUT, le Gouvernement provincial a pris l’initiative de tenir un deuxième référendum sur le même sujet.
La façon dont nous élisons les députés provinciaux en Colombie-Britannique vous revient. Le verdict sera connu au soir du 12 mai. En attendant, faites vos devoirs et renseignez-vous sur les deux alternatives proposées.

Site du gouvernement: www.bcreferendum2009.ca
Pour le VUT: www.stv.ca
Contre le VUT: www.nostv.org

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J’ai été interviewé par l’animatrice Gisèle Samson sur les ondes CILS-FM (107.9 à Victoria, Colombie-Britannique) plus tôt aujourd’hui. J’y traitais du référendum sur le VUT (Vote Unique Transférable (BC-STV en anglais)). L’entrevue devrait être rediffusée ce vendredi à 8h et dimanche à 14h.

Frédéric Van Caenegem

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Un débat fait rage à Richmond depuis plusieurs année déjà. Un débat concernant le développement d’une relativement petite parcelle de terrain situé dans le cœur de la ville. Garden City Lands est un terrain vacant d’exactement 1 mile carré (55 hectares) situé entre les rues Garden City, Westminster, No 4 et Alderbridge à Richmond en Colombie-Britannique.

Situé sur les terres ancestrales de la nation Musqueam, le terrain est la propriété du gouvernement fédéral depuis 1903. Pendant la seconde guerre mondiale, le gouvernement y installa de l’artillerie anti-aérienne pour prévenir une attaque japonaise qui, heureusement, n’arriva jamais. Après la guerre, une antenne de communication utilisée par les gardes côtières canadienne y fut érigée. L’antenne restera active jusqu’en 1994 et fut finalement détruite. N’ayant plus besoin des terres, en 2006 le gouvernement fédéral transféra la responsabilité du terrain à la Société immobilière du Canada limitée, une société de la couronne dont l’objectif est: « de veiller à la cession des biens immobiliers (…) afin de procurer la plus grande valeur possible aux contribuables canadiens ».

Pendant que le gouvernement fédéral discute de ce qu’il doit faire avec les terres, la Bande indienne de Musqueam tente, depuis plusieurs années déjà, de faire reconnaître leurs droits ancestraux au terrain. Avant même que la question soit tranchée par un tribunal, la Bande indienne de Musqueam arriva, en 2007, à un accord avec la Société immobilière du Canada et la ville de Richmond concernant le développement du terrain. Selon les termes de l’accord, la moitié du terrain sera acheté par la ville de Richmond au prix de 4,77 millions de dollars afin que la ville y développe des parcs, espaces verts et un projet d’agriculture urbaine. L’autre moitié, sera développée conjointement par la Bande indienne de Musqueam et la Société immobilière du Canada limitée afin d’y construire des tours à logement, maisons de villes, commerce, etc. dans le cadre des normes municipales de Richmond.

Mais avant de procéder avec ce projet, l’entente tri-partite ne peut aller de l’avant si le terrain en question reste protégé comme zone agricole. En effet, le Garden City Lands fait partie de l’Agricultural Land Reserve (ALR).

Une des promesses du gouvernement néo-démocrate de David Barrett des années 1970, fut de limiter l’étalement urbain. À cet effet, certaines terres furent désignées à usage agricole uniquement. Le terrain correspondant aujourd’hui au Garden City Lands fut inclus à l’Agricultural Land Reserve (ALR) en 1973. Avec cette incorporation, le terrain n’est pas obligé d’être cultivé (environ la moitié des terres désignées ainsi ne sont effectivement pas cultivées en C.-B.), mais aucun développement résidentiel, commercial ou industriel ne peut se faire sur la terre en question.

Après consultation avec ses citoyens, la ville, sous l’initiative du maire Malcolm Brodie, a donc soumis une demande d’exclusion des Garden City Lands à l’Agricultural Land Commission en mars 2008. La commission n’est pas obligée de prendre une décision avant une date quelconque et, jusqu’à présent, aucun décision ne fut prise.

Un nombre important de citoyens de Richmond sont contre l’exclusion des Garden City Lands de l’ALR. Regroupés sous l’organisation à but non-lucratif de Garden City Lands Coalition, ce rassemblement hétéroclite souhaite que la parcelle de terre reste partie intégrante de l’Agricultural Land Reserve. Ils souhaitent au contraire que le sol soit utilisée par la ville afin d’y développer des activités reliées à l’agriculture urbaine. Quelques projets sont proposés par la coalition. Ils prévoient la création de fermes communautaires urbaines, de parcs incluant un réservoir (ou un étang aménagé), un centre visant à expliquer et promouvoir l’agriculture urbaine, et possiblement un restaurant biologique. Quelques projets sont illustrés sur le site web de la Coalition (www.gardencitylands.ca).

L’avenir du Garden City Lands fut un enjeu majeur des dernières élections municipales de novembre 2008. Si le maire et la majorité du conseil de ville supportent le projet de développement, une opposition au projet s’est toutefois fait entendre. Les candidats pour remplacer le maire Brodie était très mal connu de la population et c’est sans grande surprise que le maire fut réélu. Cependant, le conseil municipal est maintenant pour moitié composé d’opposant au projet ( 4 sur 8 ) selon la Garden City Lands Coalition. Avec le maire qui tranche en cas d’égalité, le conseil municipal de Richmond continue à supporter le projet cependant.

L’Agricultural Land Commission n’a toujours pas tranché la question et toutes les parties attendent une décision de celle-ci. Si la commission approuve l’exclusion, alors la ville et les développeurs pourront aller de l’avant avec la proposition actuelle. Par contre, une décision contraire (maintenir le terrain parmi l’ALR) de la part de la commission a des conséquences inconnues. Certes, les projets de développement verts pourraient aller de l’avant sur la totalité du terrain. Cependant, une autre conséquence de l’éventuel maintiens des Garden City Lands à l’intérieur de l’Agricultural Land Reserve serait de relancer les poursuites judiciaires de la part de la Bande Indienne de Musqueam et l’éventuel sort du Garden City Lands deviendrais alors complètement méconnus.

Pour de plus amples informations (en anglais):
Entente tri-partite: www.richmond.ca/services/planning/projects/gardencitylands.htm
Coalition contre l’entente: www.gardencitylands.ca

Frédéric Van Caenegem

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C’était les élections municipales à Vancouver hier.  Comme toujours la participation fut très faible (31%)!  Un des problème est la complexité de la décision électorale.  Je, individuellement comme électeur, doit faire 30 choix!!!  1 maire, 10 conseillers municipaux, 7 commissaires aux parcs, 9 commissaires au conseil scolaires et 3 référendums sur les finances publiques!!!  Plus de détails (en anglais) ici: http://www.vancouver.ca/vote

En plus d’être ridiculement complexe, le système est également injuste.  Si la ville est divisée disons 51%-49% entre deux partis politique, il n’est pas impensable qu’une faible majorité donne la totalité des sièges à un partis.  Il est difficile d’évaluer de chiffrer la force des formations politiques (car l’on vote pour des individus et non des partis; et les partis ne présentent pas tous le même nombre de candidats).  Mais hier, la gauche a eu un avantage notable mais non écrasant sur la droite.  Résultat: 9 conseillers municipaux sur 10 sont de gauche!  Bien sur, je suis plutôt content à cause de mes sympathies personnelles, cependant ce n’est pas juste et un jour la situation se retournera inévitablement avec le résultat inverse.  Ce système électoral crée des majorité artificiellement énormes au parti qui a une faible avance.

Tant que le processus reste aussi complexe et injuste, la confiance (et donc la participation) des électeurs envers les élections municipales restera aussi faible.

Frédéric Van Caenegem

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